- septembre
- 26
- 2008
La finance du dimanche

Puisque tout le monde est expert financier en ce moment, moi aussi alors ! Oui, je me dois d’intervenir, car ces appels à la “régulation” sans préciser de quoi il s’agit et par qui et comment, et les appels à la “sanction” des “responsables” me semble un peu en deçà du sujet. Brûlons deux ou trois hérétiques, et la pluie reviendra ! Loin de moi l’idée de défendre les traders qui ont bu le champagne pendant des années avec de l’argent virtuel (1) au contraire, le nouveau pauvre issu des classes élévées façon 1929 me manque (2), mais je trouve que tout simplement on s’égare. Des responsables il y en a beaucoup. Les millions de gogos qui se sont endettés à taux variable, abreuvés de bon sens expliquant que l’immobilier celà ne baisse jamais, sont également responsables. Greenspan et son argent gratuit pour amortir la fin de la bulle internet, responsable, La BCE et la commission complétement inactives, responsables, les Etats qui se déchargent et ne font plus que communiquer, responsables, le FMI aveugle, responsable. Tous ceux qui ont laissé nos économies occidentales devenir des casinos financiers et des grandes surfaces de l’endettement, sans investissement réels à la hauteur des enjeux à long terme en industries et batiments de nouvelles générations, en services publics, en infrastructure, en agriculture véritablement moderne, responsables de même.
Et en attendant les dégâts se chiffrent en centaines de milliards. Envoyez donc au bûcher quelques traders et banquiers, je serais de la fête, mais ne croyons pas que celà apurera quoi que ce soit de significatif. Les contribuables solidaires qui se plaignent que les américains doivent payer pour sauver les “investisseurs hasardeux” seraient les premiers à réclamer l’intervention de l’Etat si leur banque à eux avec leur argent menacait de faire faillite. Et dans ce genre de cas, mieux vaut une intervention précoce que tardive. Les démocrates ont une position plus constructive en demandant que cet argent soit également distribué “par le bas”.
Et la régulation! la régulation ! Avec l’augmentation des places en crèche et le ferroutage, celà fait partie des tartes à la crème best sellers de la gastronomie politique française. Mais de quoi parle-t-on ? Rendre plus draconien les règles d’evaluation d’actifs ? Augmenter les encours nécessaires ? Cloisonner les types d’actif ? Un gars ici fait une analyse un peu plus fine et retrospective de ce qu’implique la “régulation”:
http://www.johannorberg.net/?page=displayblog&month=9&year=2008#2871
Je trouve que le débat en est un peu mieux nourri, même si Norberg met sur le même plan une fixation de taux directeur (choix politique) et par exemple une séparation entre banque de détail et banque d’investissement (ce qui est une régulation par réglementation). Mais il rappelle bien que l’économie est une chose si complexe que toute action se soldera à un moment où à un autre par une réaction, 5 mois ou 20 ans plus tard. Alors il faut bien reflechir et ne pas lancer des solgans creux.
Pour ma part je crois plus au retour de la redistribution pour stabiliser l’économie. En laissant courir les inégalités, l’endettement et en décourageant les placements pour les ménages modestes, les pays occidentaux ont encouragé les placements à risque, car une personne à revenu moyen est naturellement plus prudente avec son maigre pécule.
De plus celui-çi est garanti jusqu’à 70000 euros, par mutualisation obligatoire des risques entre banquiers:
http://www.banquedefrance.net/fr/supervi/regle_bafi/comment/regle4.htm
…hors societé de gestion de portefeuille. Conclusion les placements les moins volatils et les moins élevés, ceux des personnes modestes, sont garantis par les banques elle-même qui ont interêt à faire attention. Ceux plus elevés et plus risqués ne le sont pas. Ce qui montre au passage que l’idée de Sarko de garantir par l’Etat (ce qui est faux, l’Etat impose la garantie mais ne garantit pas) outre qu’elle est ridicule et ne sera jamais adoptée, va encore une fois dans le mauvais sens.
C’est lorsque l’argent est trop concentré entre les mêmes mains qu’on en fait n’importe quoi et qu’on oublie qu’il doit correspondre à quelque chose de réel. On a organisé des societés où le pognon est dans les mêmes mains tandis que les autres sont encouragés à s’endetter, car il faut tout de même bien que l’argent tourne.
(1) Canard enchainé du 24 septembre, qui reprend le point: les traders anglais licenciés viennent toucher leur chômage en France (et émargent facilement au plafond des indemnités)
(2) vous avez remarqué ? Si le déclassement des classes moyenne se porte très bien, celui des très riche a disparu. On entend plus parler de financier en faillite, d’héritier ruiné, d’aristocrate déclassé.. Maintenant quand vous êtes très riche, vous le restez







