• janvier
  • 6
  • 2009

Fin de la pub sur France Télévisions: et alors ?

Je ne comprend pas l’analyse prétendument fine faite partout, selon quoi la fin de la publicité sur France Télévision arrangerait TF1 qui “récupererait” le marché de la publicité tout comme un boulanger récupererait le chiffre d’affaire de la boulangerie d’en face qui aurait fermé. Même le Canard Enchaîné n’a pas vu bien plus loin que le bout de son nez dans l’affaire.
Le marché de la publicité ne fonctionne pas comme celà. Ce qui interesse les annonceurs, c’est l’audience touchée, et non le monopole partiel ou total sur la pub. La régie publicitaire de TF1 est payée en fonction de la quantité et de la qualité du public touché à telle heure de diffusion des programmes. Si à 21h TF1 a 20% de part de marché elle sera payée en fonction de ces 20%, et que la chaîne en face ne fasse pas de pub ne change rien. Illustrons le raisonnement par l’absurde: imaginons que j’édite un site web avec une audience modeste de 5000 visiteurs par mois. Un beau jour, je me retrouve à être le seul site à faire de la publicité que Internet ? Est-ce qu’on va me donner les milliards dépensés en pub chaque jour sur le net ? Bien sûr que non. On s’est imaginé “lever le complot” en notant le bond de l’action TF1 en bourse après l’annonce de la suppression de la publicité. Simple mouvement moutonnier et spéculatif de la bourse, un de plus. Le lendemain, l’action perdait 4,5%. Prise de bénéfice ? En tout cas pas une confiance aveugle en un avenir radieux: l’action allait jouer au yoyo pendant 15 jours en perdant 7% en tou avant d’entamer un yoyo plus volatil mais haussier tout de même (comme tout le monde) puis se péter la figure durant le krach (comme tout le monde). Deux mois après, TF1 réalise que son tunnel de pub en prime time risque de souffrir et réclame des compensations.
Si complot il y a, il ne s’arrête pas à la suppression de la pub sur le service public. Même si celà ne rapporte pas plus de pognon, celà ne peut pas faire de mal dans un un premier temps, et coupe les jambes de la télévision publique tout en le rendant bien plus vulnérable aux pressions d’un exécutif ami. Mais pour en tirer un réél bénéfice et ne pas souffrir à moyen terme d’un concurrent qui n’inflige pas à ses téléspectateurs de la pub à tout bout de champ, ce qu’il est impératif de faire c’est d’empêcher son financement pérenne, diminuer son périmètre, et le confiner dans des niches et des audiences élitistes façon Arte. C’est la que la bataille a lieu et que le lobbying sera féroce. TF1 s’adresse maintenant directement à la commission européenne, mais fait moins la pluie et le beau temps à Bruxelles qu’à Paris. De toute façons, TF1 a ses heures de gloire décervelantes derrière elle, c’est ineluctable. Il s’agit dorénavant de préserver le plus d’années possible de bénéfices avant la déchéance.
Mais pour l’heure, ne boudons pas notre plaisir, la télé publique qui ne nous fait pas avaler bagnoles, parfums et lessives tous les 1/4 d’heure, c’est bien.
Quant à la reflexion sur l’avenir de l’audiovisuel public, il serait à mon avis plus interessant de réflechir à son status dans son ensemble et étudier ce qui se fait ailleurs avec succès.

  • janvier
  • 4
  • 2009

Grenoble et la bouffe: ma reconciliation, partie II.

Donc alors allons-y où trouve-t-on du bon, du bien, du sain à grenoble:

Pain Biologique (4,5 euros le kilo en demi complet)

  • Le meilleur, le plus nutritif, le plus onctueux, celui qui se conserve le mieux est à mon avis celui du boulanger du marché Hoche (à côté du parc de même nom, situé à côté du vendeur de vinaigre/fromages/volailles à l’entrée. Avec un seul de ces pains on tient à deux une semaine, et une tranche tient au corps, c’est pas du carton qui sèche en une après-midi !
  • On peut trouver les pains de la boulangerie de belledone (pas mal et prix similaire) à la biocoop Nicolas Chorier

Féculents biologiques, céréales biologiques, graines, pois et farines biologiques en vrac:

  • Biocoop Nicolas Chorier.

Fruits et légumes et pommes de terre:

  • Producteurs/vendeurs de l’extrémité nord du marché de l’estacade - quasiment tous les jours. Bien comparer.
  • Certaines bonnes affaires au marché du parc Hoche, comme les pommes et les poires en hiver. Attentions aux tarifs non justifiés par ici.

Produits laitiers et fromages:

  • Fromagerie Garna, place Championnet. Fond de commerce récemment repris. Le nouveau maître des lieux connait bien les savoyards (le prétend en tout cas)
  • Laiterie Bayard, 17 rue Bayard. Vous pouvez demander sans problème de la crème au litre pour les gratins, et elle est bonne.
  • Fromagerie des alpages à l’entrée de la rue de Strasbourg.

Oeufs:

  • Une nouvelle échoppe au bout de la rue de Strasbourg, juste avant le spar, propose uniquement des produits des alentours de grenoble. Pas eu le temps d’étudier en détails mais ils ont des vrais oeufs à 0,25 centimes l’unité (1,5 euros les 6, moins cher que les oeufs de base industriels chez carrouf).

Pâtes fraiches, pates sèches, charcuteries italiennes, tomates séchées, huile d’Olive

  • En direct d’Italie, 18 rue Brocherie, à côté de la place aux herbes. Grenoble est le QG de CofiCash, notable maison d’importation de produits italiens. Mais il y a de nombreux traiteurs, comme super ravioli rue de Strasbourg. Cofi Cash offre cependant choix et tarifs.

Purée de tomate (ou coulis):

  • Biocoop Nicolas Chorier 1,45 euros le bocal d’une litre en bio ehhhhh ouii
  • En direct d’Italie, 18 rue Brocherie

Autres trucs bons:

  • Arax, 3 rue Turenne à Championnet: Ile au trésors du gourmet en quete de saveurs orientales, arméniennes, grecques… D’emblée y aller rien que pour les olives. Au kilo, les meilleures sont au tarif des olives d’apero de grande surface. Tarama et Houmous exceptionnels au tarifs carrouf. Bon sur les fruits secs aussi. Puis vends alcools, feuilles de vigne, pita, oleagineux, thés…
  • décembre
  • 16
  • 2008

La bouffe et Grenoble: ma réconciliation, partie I.

En arrivant de Montpellier il y a bientôt deux ans et demi, j’ai été fâché avec la ville dite montagnarde à cause du manque de restos abordables de bonne qualité. A Montpellier, vu la concurrence entre les entrepreneurs du monde de la nuit, population renouvelée en permanence, pas de souci. Ici, hors fondues et patates arrangées, c’est médiocre. Ou alors il faut allonger la monnaie dans des endroits à l’ambiance disons compassée.

Cela s’est-il arrangé ? NON! Mais c’est peut-être tant mieux. Car cela a permis de se concentrer sur les produits et c’est à la leur sujet que Grenoble a beaucoup à offrir.

Alors voici en exclusivité et gratuitement le guide du comment bien bouffer à Grenoble:

Bien bouffer ?

Ah oui, il est nécessaire auparavant de définir ce que j’entends par bien manger et ça va d’ailleurs remplir un première partie. Primo cela inclut une notion éthique: manger local et/ou bio. Je ne m’étends pas sur le pourquoi je précise juste que si tout le monde mangeait éthique bien des problèmes seraient résolus et sans révolution si dictateur qui va en général avec/ensuite. Secundo et pour nous: cela signifie manger bon et / ou abordable. Le bon cela dépend de votre palais et de votre organisme, mais en effet j’espère que l’on pourra s’entendre au moins sur l’idée que ce sont des produit goutus et nutritifs.

Les autres notions peuvent sembler contradictoire et sont souvent présentées comme telles. En fait si on y réfléchit et que l’on est souple c’est au contraire cohérent et complémentaire. Cela s’intègre même parfaitement avec mes autres principes, qui sont:

  • Le moins possible de produits transformés industriellement – dans la mesure du possible. Sans en faire une religion, plus il y a d’étapes de transformation industrielles, plus c’est de la saloperie et plus on paye l’emballage. C’est structurel.

  • Ne pas manger de viande tous les jours

  • Manger de saison

  • Se satisfaire du terroir, c’est à dire ne pas voir le fait de manger local comme une contrainte mais en profiter pour découvrir la gastronomie du coin

Ces notions aident à résoudre quelques apparentes contradictions. Voyons:

  • Bio ou local ? Local bien souvent, lorsque c’est moins cher. Le bio ce n’est pas une religion. Un petit producteur local n’a parfois pas envie de faire des pieds et des mains pour avoir le label, il n’est pas dans cette culture, mais cela ne signifie pas pour autant qu’il tombe dans les horreurs de de l’agroindustrie, avec son circuit court et ses volumes modestes à priori, il n’en a pas besoin, et on peut discuter de sa production facilement. Avec peu de transport et de conditionnement le rapport qualité/prix/environnement du local n’a rien à envier au bio. Cela concerne surtout les fruits et légumes. Sur les produits qu’il est vraiment nécessaire de consommer en bio, il n’y a pas de conflit. J’y viens.
  • Bio ou abordable ? Pas la peine de tirer les cheveux en 5, le bio c’est souvent cher. Ouais ok y a des dépliants qui démontrent qu’en accommodant de telle façon ses repas sur la semaine le budget alimentation bio de Paupaul est pas plus élevé qu’en alimentation chimique. Mais c’est rigide, ça ne peut pas marcher. Nan ceux qui ont des petits budgets doivent se souvenir de ceci: c’est vrai que c’est pas donné dans l’ensemble, sauf que sur les produits de base, féculents et lentilles, poids, céréales diverses et farines, riz, pâtes, la différences est minime, d’autant qu’on peut souvent acheter en vrac. Comparons les prix au kilo il y a souvent des surprises. Ce sont sur ces produits que la qualité est bien supérieure, et ce sont ces produits dont la culture agrochimique ravage le plus de terres. Ce sont des produits secs à longue conservation avec peu de conditionnement; qu’il ne soit pas produit dans le coin n’est pas très grave; essayer de rester sur le même continent tout de même.
  • Local et abordable: si un mec qui produit sans nécessité de conditionnement énormes, chaîne de froid, transport, marketing planétaire, se retrouve à être plus cher que le type qui fait tout cela, ça ressemble à de l’enculette. Ça peut être le revendeur oou le choix du mode de production ou du produit, mais enfin ne pas y souscrire et se souvenir que l’arnaque, c’est quasi toujours chez les grands distributeurs que cela se passe.

La prochaine fois, les adresses

  • septembre
  • 26
  • 2008

La finance du dimanche

Puisque tout le monde est expert financier en ce moment, moi aussi alors ! Oui, je me dois d’intervenir, car ces appels à la “régulation” sans préciser de quoi il s’agit et par qui et comment, et les appels à la “sanction” des “responsables” me semble un peu en deçà du sujet. Brûlons deux ou trois hérétiques, et la pluie reviendra ! Loin de moi l’idée de défendre les traders qui ont bu le champagne pendant des années avec de l’argent virtuel (1) au contraire, le nouveau pauvre issu des classes élévées façon 1929 me manque (2), mais je trouve que tout simplement on s’égare. Des responsables il y en a beaucoup. Les millions de gogos qui se sont endettés à taux variable, abreuvés de bon sens expliquant que l’immobilier celà ne baisse jamais, sont également responsables. Greenspan et son argent gratuit pour amortir la fin de la bulle internet, responsable, La BCE et la commission complétement inactives, responsables, les Etats qui se déchargent et ne font plus que communiquer, responsables, le FMI aveugle, responsable. Tous ceux qui ont laissé nos économies occidentales devenir des casinos financiers et des grandes surfaces de l’endettement, sans investissement réels à la hauteur des enjeux à long terme en industries et batiments de nouvelles générations, en services publics, en infrastructure, en agriculture véritablement moderne, responsables de même.
Et en attendant les dégâts se chiffrent en centaines de milliards. Envoyez donc au bûcher quelques traders et banquiers, je serais de la fête, mais ne croyons pas que celà apurera quoi que ce soit de significatif. Les contribuables solidaires qui se plaignent que les américains doivent payer pour sauver les “investisseurs hasardeux” seraient les premiers à réclamer l’intervention de l’Etat si leur banque à eux avec leur argent menacait de faire faillite. Et dans ce genre de cas, mieux vaut une intervention précoce que tardive. Les démocrates ont une position plus constructive en demandant que cet argent soit également distribué “par le bas”.
Et la régulation! la régulation ! Avec l’augmentation des places en crèche et le ferroutage, celà fait partie des tartes à la crème best sellers de la gastronomie politique française. Mais de quoi parle-t-on ? Rendre plus draconien les règles d’evaluation d’actifs ? Augmenter les encours nécessaires ? Cloisonner les types d’actif ? Un gars ici fait une analyse un peu plus fine et retrospective de ce qu’implique la “régulation”:
http://www.johannorberg.net/?page=displayblog&month=9&year=2008#2871
Je trouve que le débat en est un peu mieux nourri, même si Norberg met sur le même plan une fixation de taux directeur (choix politique) et par exemple une séparation entre banque de détail et banque d’investissement (ce qui est une régulation par réglementation). Mais il rappelle bien que l’économie est une chose si complexe que toute action se soldera à un moment où à un autre par une réaction, 5 mois ou 20 ans plus tard. Alors il faut bien reflechir et ne pas lancer des solgans creux.
Pour ma part je crois plus au retour de la redistribution pour stabiliser l’économie. En laissant courir les inégalités, l’endettement et en décourageant les placements pour les ménages modestes, les pays occidentaux ont encouragé les placements à risque, car une personne à revenu moyen est naturellement plus prudente avec son maigre pécule.
De plus celui-çi est garanti jusqu’à 70000 euros, par mutualisation obligatoire des risques entre banquiers:
http://www.banquedefrance.net/fr/supervi/regle_bafi/comment/regle4.htm
…hors societé de gestion de portefeuille. Conclusion les placements les moins volatils et les moins élevés, ceux des personnes modestes, sont garantis par les banques elle-même qui ont interêt à faire attention. Ceux plus elevés et plus risqués ne le sont pas. Ce qui montre au passage que l’idée de Sarko de garantir par l’Etat (ce qui est faux, l’Etat impose la garantie mais ne garantit pas) outre qu’elle est ridicule et ne sera jamais adoptée, va encore une fois dans le mauvais sens.
C’est lorsque l’argent est trop concentré entre les mêmes mains qu’on en fait n’importe quoi et qu’on oublie qu’il doit correspondre à quelque chose de réel. On a organisé des societés où le pognon est dans les mêmes mains tandis que les autres sont encouragés à s’endetter, car il faut tout de même bien que l’argent tourne.

(1) Canard enchainé du 24 septembre, qui reprend le point: les traders anglais licenciés viennent toucher leur chômage en France (et émargent facilement au plafond des indemnités)

(2) vous avez remarqué ? Si le déclassement des classes moyenne se porte très bien, celui des très riche a disparu. On entend plus parler de financier en faillite, d’héritier ruiné, d’aristocrate déclassé.. Maintenant quand vous êtes très riche, vous le restez

  • mai
  • 26
  • 2008

Je suis un romain

Je suis un romain
Je suis un plebeïen
Je suis sec comme ma terre
dont j’ai pris la chaleur
Je mange peu,
Le feu qui brûle en moi ne s´eteint jamais
Je n´appartiens à personne
mais ma place ne changera pas
Mes ancêtres ont au moins gagné
le droit qu´on me foute la paix
Alors ils paieront tous, les barbares,
les patriciens, les esclaves,
et même les dieux
Je suis seul, mais je suis
plus fort que la mort
Et lorsque je tomberai
ma force emplira l´histoire à tout jamais
Je suis un romain

  • mai
  • 16
  • 2008

Et mon empreinte digitale pour un bol de riz c’est pour quand ?

Bon alors maintenant on me demande mon passeport pour utiliser un ordinateur dans un cybercafe. On le scanne et tout. Le desagremment n’est pas important mais s’ajoute a une colere grandissante envers cet Etat policier nationaliste qui posera de grand problemes a son peuple a terme, meme si en ce moment ca carbure et que beaucoup en occident perdent tout esprit critique juste parce que la Chine beneficie des faveurs du Dieu croissance.
Moi, le massacre de l’individualite et de la liberte par le PCC me fait de plus en plus mal, surtout pour les chinois. Et leur propagande ressortie depuis Tiannamen (la Chine a besoin de temps, la Chine doit se developper d’abord) alors que les annees passent et que rien ne bouge, et alors que d’autres pays asiatiques se sont developpe en etant en democratie bien plus tot (Coree du Sud, Taiwan) m’irrite de plus en plus. Enfin, on me dit que les chinois sont heureux car avec cette croissance ils ont la tete dans le guidon et que ca leur va bien

A ce stade, j’aurai besoin de converser de maniere approfondie avec un chinois continental sur ce sujet, mais la barriere de la langue…
Apres avoir ete ebahi, interloque, etonne, amuse, agace, je suis maintenant dans une phase bien plus critique. Et dans l’incapacite de mettre a l’epreuve mes critiques, il est peut etre temps de mettre les voiles avant que ces critiques ne se transforment, avec les irritations quotidiennes, en aigreur et en denigrement. Je crois arriver au terme de ce que je pouvais tirer de ce voyage en tant que touriste urbain. Il me faut maintenant du temps pour reflechir, confronter mes reflexions, et revenir eventuellement dans un autre contexte (etudes, projet economique, maitrise du chinois).
Bon par contre, j’avais envie de revenir par le transiberien, mais je ne sais pas si j’ai envie de supporter une autre dictature nationaliste et policiere, sa paperasse tatillonne et son mepris des occidentaux, decadents attardes qui n’ont plus les faveurs du Dieu croissance

  • mai
  • 16
  • 2008

Ah ben non tiens

Il y a quelque temps j’avais defendu la fierte des geeks, en estimmant notamment qu’eux au moins ne polluaient pas. Bon apparemment ce n’est pas si exact. D’apres cet article:
http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id=108365&titre=Un%20%AB%20avatar%20%BB%20virtuel%20consomme%20autant%20d’%E9nergie%20qu’un%20vrai%20Br%E9silien
Un avatar de second life consomme plus qu’un camerounais ! Cela dit, je pense que le potentiel d’economies en terme de consommation d’Energie des materiels informatique est immense d’autant que cet aspect n’a jamais fait l’objet d’un veritable effort d’innovation. Je peux parier que l’equivalent carbone d’une heure de jeux video baissera dans les annees a venir bien plus vite que l’equivalent carbonne d’une heure de 4×4.
Mince, il faut une autre matrice pour nourrir la matrice !
Bref geek, ne rebaisse pas la tete, mais fait gaffe

  • mai
  • 6
  • 2008

Celtrip.com

La Chine c’est grand, ce n’est pas une grande nouvelle…Alors pour se deplacer de region a region plusieurs possibilite : le bus, le train, l’avion…En ce debut du mois de mai, les Chinois voyagent car c’est la semaine de vacances du 1er mai. Pour se rendre de Qingdao a Beijing nous avions choisi le train de nuit : plus de places, on se rabat sur le bus : plus de place non plus…Alors la, on trouve THE plan hyper competitif sur www.ctrip.com, Yeah des billets d’avion a 40 euros, 1 heure de vol au lieu de 10 heures de bus, le bon plan quoi! En deux temps trois mouvements on reserve nos billets sur internet pour le lendemain, c’est trop pratique, c’est la fete a la maison, demain on vole pour Beijing!
En fin presque…
Le lendemain, 1 heure avant de lever le camp, on recoit 10 textos de ctrip, des textos en chinois biensur, puis 1 texto en anglais <problem, tickets concelled, call us ASAP>. Bon bon bon, on les appelle, sauf qu’on tombe soit sur une messagerie soit sur un chinois qui parle que chinois. On recoit un mail, en chinois aussi, on a bien un dictionnaire chinois francais mais caractere par caractere ca va etre long! Meilleure idee : retrouver le gars qu’on a croise la veille, il s’appelle DU, il est chinois ET il parle anglais. Ok, il est au bar de l auberge, il nous aide volontier. Il appelle ctrip, discute 20 bonnes minutes , bilan : il reste des billets au meme prix mais  l’avion part a 20h au lieu de 14h. Nickel, on le prend! Faudra etre a l’aeroport a 18h nous dit DU pour payer les billets au guichet de ctrip, OK on y sera! En attendant, il fait beau, on se pose, on profite de la mer jaune, ah qu’on est bien, dans quelques heures on decole pour Beijing!
Ouais enfin…c’etait pas gagne d”avance!
Apres avoir remercie Du pour son aide a coup de bierre Qingdao, on prend le bus pour l aeroport, 30km=1heure avec les suspenssion dans les fesses.
Donc pour resumer, a ce moment la, on a pas de billet de train, pas de billet de  bus, un billet d’avion annule’ une conversation entre 1 chinois et ctrip, un rendez-vous a l’aeroport ppour acheter les billets, un ticket de supermarche au dos duquel sontnotes les horaires du vole et une bonne humeur a toute epreuve….ca ‘est le plus important pour la suite.

Donc nous parvenous, nous et nos fesses, a l’aeroport, easy, on a une heure pour trouver le bureau ctrip et payer les billets. On fqit un aller retour dans l aeroport (immense). Rien. Demande au comptoir d’une compagnie aerienne <do you know ctrip?, where is the desk?> reponses negatives et froides, voire hostiles. 2eme aller retour. A nouveau des reponses franchement inamicales a nos questions. Coup de fil a Du, moitie de phrase : plus de jus dans le portable. Augmentation de la temperature corporelle. Decouverte des points de recharge de mobiles publics, truc chinois. La en rechargeant, coup de fil de ctrip, une nana qui parle en anglais. Ouiiii on est la! oui 18h, oui mais c’est ou le bureau ctrip???? reponse : 2nd floor, 2nd dorr waiting bulding. OKEEeee, a nouveau un aller retour dans le hall immense a la recherche du waiting bulding que personne connait. Le telephone sonne, un chinois de ctrip qui parle que chinois. Envie de crier putain de bordel mais ils sont ou ctrip?? plus que 5 minutes pour prendre les billets. On tourne en rond, un mec, un quidqm emerge de derriere un palmier en plasstique a cote de la porte B en tendant des billets electroniaues a nos noms. Il a pas de badge ctrip ni rien, parle que chinois mais on comprend que c est lui le bureau ctrip. Il veut du cash mais pas question sans etre sur de ces billets. Om va avec lui a une borne electronique, ca marche. Je le paye en liquide de la main a la main, debout dans le hall au milieu des passants, il me rend la monnaie en sortant un billet de sapoche. Et voila comment on reduit les couts avec le e-business! celtrip.com, les business models du futur!

  • avril
  • 24
  • 2008

C’te blague

Alors a Nanchang il faut voir le pavillon du prince des Teng. Le genre d’endroit desservi par des nuees de cars de touristes et accessible avec un droit d’entree cher et discrimminatoire pour les etrangers. Vous savez ce que je pense de ce genre de place que j’ai donc soigneusement jusqu’ici mais cet apres-midi du 24/04, en attendant le train du soir pour shanghai, je n’ai tellement pas grand chose a faire dans la ville que je decide de me forcer un peu, d’autant que l’emdroit m’a ete vante par un guide chinois d’un matin.

Le resultat sera au-dela de mes esperances. Je ne pense pas qu’il y ait parmi les quelques lecteurs de ce blog des restaurateurs de batiments et objets d’art ancien, noble metier dont je sais la difficulte et le temps d’apprentissage. Mais si c’est le cas je leur conseille d’arreter la leur lecture. Les autres peuvent poursuivre.

De loin, le venerable natiment aristocratique est en effet impressionnant:


De loin, ca envoie du paquebot

De pres, ca fait mal.
Ils ont installe un ascenseur au milieu de batiment.
Au rez -de-chausse un stand “fais-toi photographier en Song” .
A chaque etage au moins deux boutiques de souvenirs, a cote de pieces decorees par des fresques toutes realisees en 1989, et de reproduction en bronze de mediocre qualite.
La qualite des imitations peintes est au mieux passable (subjectif) mais surtout il n’y a aucune coherence stylistique. Je suis certain qu’a aucun moment la pagode n’a ete decoree ainsi, sans que je n’aie aucune connaissance en histoire de l’art chinois. Mais ca saute aux yeux. Et le palais est sense etre ‘restaure’ comme sous les Songs.

En fait il a du ramasser severe pendant la revolution culturelle. Ensuite il n’a pas ete ‘restaure’ mais reconstuit a l’arrache. Ca fait une sacree difference. Sur le balcon on se rend compte que celui-ci est en beton avec une couche de plastitruc couleur bois laque. Les tuiles verte sont en ceramique industrielle laquee de mediocre qualite. Les couches de peinture ont ete passee a la va-vite.  


Toi aussi sois un noble chinois de l’empire !


balcon en beton


Tuiles en ceramique industrielle laquee verte. Taches de peinture blanche


Peinture a la va-vite


Carreaux industriels et laque de mauvaise qualite qui se barre


Entre les tuiles industrielles a la finition mediocre, le ciment deborde


Imitation. On est tres loin de se croire sous l’empire (couleurs, durabilite, materiaux, composition, tout). D’autant la fresque de l’autre etage n’aura strictement rien a voir au niveau du style.

L’ensemble est parcouru par des groupes de touristes parfois en casquette. Il y a parfois des guides tres serieux. Comme ils peuvent se retrouver face a d’autres guides, ils prennent soin de s’equiper de micro ou haut-parleur afin de faire de plus de bruit que l’autre.

Il y a quelques salles avec des pieces anciennes, mais tout est en chinois. Je ne dirai rien si je n’avais pas paye mon tarif etrangers.

J’ai l’impression d’etre dans un parc d’attraction sans les attractions. 4.5 euros, ca fait cher la mascarade. Au moins je suis conforte dans ma mefiance envers les sites touristiques de masse chinois.

Parait qu’il y a un Starbucks dans la cite interdite. Gloups.

  • avril
  • 18
  • 2008

Changsha

Changsha est une ville modele, entendez par la qu’elle est equipee d’arteres si larges qu’il n’est meme plus la peine d’esperer les traverser en evitant des passages souterrains, de pollution rance, d’un plan dessine avec des carreaux de salle de bain et de gratte-ciels luminiques gaiement speculatifs. La premiere impression fut si mediocre, qu’arrivant le soir, j’avais prevu de repartir des le lendemain. Finalement je decide de rester 1 jour, il y a un musee riche sur la periode des han de l’ouest et un peu de culture fera du bien a un cerveau qui ne fait qu’enmagasiner des centains d’informations nouvelles comme un disque dur flambant neuf. 

Le lendemain donc je change d’hotel, ma chambre est triste. Je vais dans un monstrehotel. Avec des boutiques inside, un salon de massage pour les pieds au deuxieme, un cyber une salle de jeu et j’en passe. Je suis au 16e.


Vue du monstrhotel. Y avait pas de brouillard c’est la pollution 

La chambre a un ordi mais sans lecteur de cdrom. En fait un ordi public avec lecteur de cdrom est dur a trouver. Les cybers par exemple n’en ont aucun. Ce sont des installations en reseau. Mais j’ai des cds a lire. Je vais m’acheter un petit lecteur dvd usb, c’est pas cher et geek un jour geek toujours. Et la le patron, ou le plus audacieux des vendeurs me propose de se revoir pour une biere. Je lui dit ok ce soir.

Avec tout ca je rate le musee qui me ferme la porte au nez a 15h30. Je me rabat sur un memorial communiste pour Mao. Afin d’etre communiste jusqu’au bout, le truc est monumental a l’exterieur et vide a l’interieur. Y a bien quelques affiches Bac + 0.3 en illustrator mais c’est tout en chinois. Ininterressant.


Genre Style, Quoi.
Et pas un djeun

Alors au niveau culturel c’est rate. Mais ce dont je suis en train de me rendre compte, c’est que les Changhaien sont extrement sociables. Ce n’est pas seulement le vendeur de dvd. On m’aborde dans la rue, le serveur au resto tchatche et me file ses coordonnees, le groom du second hotel - qui est habille exactement comme spirou - tire le mieux de son anglais, et ca continuera jusqu’au bout.

Le soir donc, je retrouve le vendeur. Il est sur son 31, complet-cravate. Il est meme equipe d’un bouquet de fleurs qu’il doit offrir a une autre invitee qui doit nous rejoindre et qui vient de se marier. J’avoue que je ne comprend pas tres bien, mais bon je suis en phase d’observation. L’invitee (il me semble bien qu’on dit “she”) est prise et retarde dans une reunion d’affaire, ce qui embarrasse considerablement mon ami (simon)  qui ne sait visiblement pas quoi faire de moi. C’est pourtant pas complique: on attend tranquillement dans un endroit agreable en discutant et en buvant une ou deux bieres. Mais ca ne semble pas marcher comme ca en Chine. De toute facon j’ai faim, alors on va manger. Ensuite on va a l’hotel de l’invite ou la personne en question fait sa reunion dans le salon. Simon peut donc se debarrasser de ses fleurs. ca pete l’hotel, c’est un sheridon avec des pelletes d’etoiles. Le lustre du hall principal doit bien faire 4×4m. Dore partout blabla, clinquant quoi. On poireaute. Ca s’eternise pour l’invite et Simon m’emmene dans une rue chinoise bouillonnante, a l’ecart des grandes arteres, avec de nombreux boubouis en terrasse, des chinois qui passent en pyjama etc… J’aime ce genre d’endroit. Comme un autre jaune chinois ambitieux interesse par les occidentaux que je rencontrerai, l’homme a un tres beau costard mais pas une thune.
Le temps de commander les bieres, coup de fil de l’invitee qui est libre finalement.  Simon tout excite va la chercher. Et voila que je voit arriver 25mn apres un americain de 1.85m avec une casquette John Deere et qui s’appelle Kyle. Il fait fabriquer des couverts et d’autre trucs ici et a sa boite dans le wisconsin. Republicain et sympa, on tchatche pas mal. Simon lui, veut etre big boss et avoir une voiture. J’ai l’impression que tous les jeunes chinois veulent ca. Apres, cette vision est peut etre deformee par le fait que ce sont justement les plus anglophiles, ambitieux et osant qui m’abordent. Mais franchement, cette societe offre l’enrichissement comme seul vecteur d’epanouissement et les representations sont parlantes.


Simon-l’ambition a l’hotel bling bling


On veut des filles, on veut des bagnoles, on veut du bling-bling !!!

Il est temps ensuite d’aller au disccoooo. C’est le genre de club que j’ai deja decrit, dans tous les cas les clubs c’est comme les hotels et les accoutrements: ce sont les memes partout en Chine. Je commet l’erreur de jouer avec Simon au jeu de des a boire ce qui me fait terminer bien rond.

Bon allez le lendemain cassos. Je suis une demi-heure avant le depart de 14h30 a la gare ( je m’etais renseigne la veille). Et la on m’ecrit en chinois que c’est a une autre gare a l’autre bout de la ville que je dois aller. Heureusement je tombe sur deux etudiants qui m’aide a dechifrer le guichet qui n’aurait certainement pas pu me preciser ca la veille. Taxi. Cette ville est interminable, ce n’est pas fautre de construire en hauteur pourtant. Sur le periph la pollution est telle que je tousse. Le chauffeur a la solution: la cigarette ! Il insiste tellement que je prefere accepter pour qu’il se remette a surveiller la route (conduite sportive, j’en ai deja vu mais la, crispations) et je crapotte. On arrive comme il se doit a l’heure du depart. C’est gigantesque. Enfin paume dans le hall, je me fait secourir par une sympathique Changshaienne etudiante en anglais, qui m’accompagnera jusqu’au depart du bus.

Ville penible mais habitants bien sympa